Jeudi 17 juillet 2008

Soir éjaculateur
Tu es doux en été
Et tu fais frétiller ma peau d'argent
Dans la galaxie où les amants s'étreignent

Soir masseur
Tu es mon kynésithérapeute
Et tes mains sur mon dos
Font de douce plissures avec ma peau

Soir consolateur
Quand tu te dresses à ma lucarne
Je te hume
Et je te bois
 

par mikelot
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Jeudi 17 juillet 2008
J'ai besoin de silence
Un silence gros comme une pierre noire
Un silence doré fourmillant de rêves
Un silence incertain et qui bifurque partout
Un silence d'acajou et d'ébène

J'ai besoin de repos
Un repos baigné d'une onde douce
Ou d'une onde ronde
Un repos d'été qui pousse
Et s'évase à un ciel de mousse
Un repos sans pesanteur ni carcan
Et qui s'assoupirait dans un coeur lent
par mikelot
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Jeudi 17 juillet 2008

Créer la nuit
Créer les étoiles
Par la seule force de la conscience

Aller à ces landes désséchées et vierges
A ces coeurs perdus et à leurs tourments dramatiques
Aller pêcher des cimetières autant que des joies

Il faut tenir bon la barre du soleil
Et hisser les voiles de nos idéaux
Même là où nous ne sommes pas attendus

Ce que certains nomment ennui
N'est en fait que le chemin à prendre
Et à voir dans ses rêves de jour

Mais ce chemin de joie et de vie
N'est pas à la mode
Il n'est ni chanson, ni religion, ni politique

Il est lumière et vérité
Que nous happons seuls
Et qui nous happent à leur tour

Une fois le deuil idéal venu :
Notre repos grand comme la mer
Notre havre mérité au ciel et à l'éther

par mikelot
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Mercredi 16 juillet 2008

MONDE

 

 

Des enfants rouges viennent s’abreuver aux seins de leur mère.

Et un espace immense se dévoile, fleuri de tous côtés.

Au moyen de couteaux, les nuages de pierre s’enfoncent dans le décor.

Des briques s’empilent une à une pour ébaucher l’édifice et des torrents accouchés par la mer dévalent et détalent.

Tout grille aux cieux qui pleurent et s’agrandissent.

Ah ! la pointe de l’écume et des rages épaisses qui se posent en douceur sur la voûte.

Ah ! le point au-dessus d’un « i » qui est en fait une montagne.

Voilà les pleurs joyeux qui officient religieusement avec leurs colonies d’hommes enturbannés et voilà une armée de saints à la voix saignante et criarde.

 

Posez vos pas, impérieux monstres !

Comme cette phrase philosophique que tu vas déclamant, arrête les rivages et ces monstres.

Relève les dans les chants lointains qui, telles des princesses, caressent nos pieds et nos larmes.

Des bagages pour s’enfuir

Un hamac enherbé et bercé entre deux rives et qui arrive d’ici, et qui part là-bas.

Les mers maintenant pleurent et les mères maintenant fécondent.

Des caresses langoureuses se renversent et s’affolent.

J’entends des cris et des échos silencieux qui font do, sol, do jusque tout là-haut.

Et j’entends les joies de l’enfance dans un trou où les nuages se cognent.

D’insoutenables secousses se projettent dans les nuits et font se rapprocher les hémisphères et les planètes.

Oui, la terre a mangé l’univers et la terre recommence ses adages.

 

Nouveaux principes, nouvelles maximes dans ce monde qui rééclot.

L’arbre va à nouveau verdoyer et le soleil de nouveau rougeoyer.

Les animaux naissent et les enfants naissent avec eux.

La louve allaite, la terre sécrète et chante de nouvelles lunes et de nouvelles étoiles.

La mer porte sa terre.

La mère pouponne son enfant.

Une fois n’est pas coutume !

La crasse semble avoir trouvé refuge dans des temps plus lointains (rires et sourires).

 

 

 

EAU

Pleure l’ennui,

Pleurent mes veines, fraîches et immondes.

Un taudis dans ma cervelle.

Et des toiles d’araignées dans les placards.

Tendres hémisphères, côtes et lunes.

Je ne fais plus qu’aboyer des mots.

Je suis écrivain petit, écrivain malsain.

Je hurle aux cavernes vides en toute tranquillité.

 

Pleure l’ennui,

Pleurent mes veines, la chanson d’une pensée libre et heureuse, joyeuse et multiple, féconde et sereine.

Enfin…une petite pensée ridicule pour mes maux !

Mon plaisir a disparu, mon bonheur est apparu.

Mais mes pensées sont sèches.

Pour un désert elles mendient (enfin si on veut)

Pour une brûlure elles quémandent (enfin si on veut)

Pour des moments de défaillances, des moments bienfaisants, elles implorent.

Me voilà mendiant, me voilà bien.

 

Sans doute peuvent tourner les éclairs dans les nuits.

Mais les éclairs se sont perdus et ont disparus dans la fumée.

Oui, vous pensez aux lymphes, au feu, à la neige et au soleil effrayé.

Mais tout ça n’est plus et la guérison est maintenant une offrande.

A quoi bon cracher ?

 

Pleure l’ennui,

Pleurent mes veines, toujours s’affaissant, encore s’amenuisant.

J’ai dit : oscillations parallèles (et j’en ris)

J’ai dit : les bergers et les moutons de laine (et j’en ris)

J’ai dit : rivières broyées par le tonnerre fendant les pierres (et j’en ris aussi).

Tout cela n’est plus.

Le temple a été bâti (voir plus haut)

Les arcades se sont chevauchées

Les glaces ont cessés de brûler

En effet, tout cela n’est plus ma solitude.

 

Dans ma solitude, il y a désormais des cousins et des amis, de vrais fruits et de belles couleurs.

Plus rien à refaire ni à corriger.

 

Pleure l’ennui,

Pleurent mes veines.

Les mouvements intérieurs, quoique encore présents, se sont amoindris et ils ont pris une bonne douche fraîche.

Et la poésie aujourd’hui, ce soir, dit :

« Que fais-tu dans l’ombre, dans cette obscurité ? »

Et le poète de lui répondre :

« J’étanche ma soif à la lumière d’une lampe joyeuse.

Je m’assagis dans la verdure des cheveux de la muse et de la femme

Bref, poésie, entends-moi : je me repose de mes ardeurs passées, celles de ma jeunesse tourmentée. »

 

JEUX

 

A coté de moi, des lueurs bleues et violettes.

Sont-ce des féeries ?

Des féeries tranquilles comme des reflets d’eaux ?

Paisible vie, on te demande parfois la rage fugace et rapide, furieuse et altière.

Paisible vie, on te demande parfois des mots tendres dont nous retenons les étincelles.

 

Ainsi, lorsque trois cents ans paraissaient trois petites secondes, il me semblait que je perdais pied et que mes pensées s’étaient subrepticement échappées de moi, riant et se moquant de mes gestes et de mes élans.

Mais hier soir, la nuit est descendue et ce matin elle est remontée. Le jour a été choyé et s’est envolé.

Je pensais à des gens titubant et rêvassants et aux marins qui venaient de loin, traînant avec eux des orages et des foudres perçant l’horizon flamboyant.

La campagne était liqueur à boire.

Les arbres fleurissaient.

La nature dans mon corps s’installait.

Les nuages me disaient bonjour et faisaient coucou aux oiseaux qu’ils effleuraient.

Les spasmes étaient proches et tout se faisait littérature et chant.

La musique avait droit de cité dans les embrasements et l’ivresse.

Elle seule a et aura toujours ce droit.

Et le printemps naissait dans les vergers et sous les tonnelles…

 

Je faisais des constructions dignes d’enfants jouant aux legos.

Des mers érigeant les écumes devenaient colonnes impériales.

Des fleurs douces poussaient même dans le noir.

Des minuits et des midis, des matins et des après-midi…qui torturaient le corps.

Je voyais des histoires bestiales digne de la paléontologie.

Je côtoyais des dinosaures et des tyrannosaures.

J’étais acteur dans « Jurassic Park » où je me débattais avec les monstres du quaternaire.

J’étais archéologue aux cotés d’Indiana Jones et héros dans Star wars.

Et je m’amusais bien dans cet univers.

Et je m’amuse toujours dans cet univers.

 

D’autres constructions :

Je créais ma symphonie, symphonie des lumières.

J’apprenais mes symphonies, symphonie des musiques, et je les dirigeais.

Et je le fais toujours.

On ne change pas.

Que de bras secoués et tendus vers le ciel, vers mon ciel.

Que de secousses puissantes et de mouvements sages j’ai apprivoisés !

J’aimais les parallélépipèdes sans mesures, les cubes aux reliefs colorés et les cercles aux contours limpides.

J’aimais la géométrie broyée au cœur du poète.

 

POUBELLES ET FEERIES

 

De féeries en féeries.

Princesses, rois, saltimbanque et bergers.

Il étaient mes amis…et le sont toujours.

On ne change pas.

On peut voir éclore les différences et les accepter.

 

De féeries en féeries.

Des montagnes s’avancent dans la nuit gelée et je me crispe dans ma chair.

Je m’enroule dans un vin tiède dont la bouteille éclate.

Un revers de miroir défait les étoiles qui naissent en plein jour.

La liberté m’emporte de-ci de-là.

Mais c’est toujours le même endroit qui chante-comme un temple de lumières.

 

De féeries en féeries.

Les collines se fracassent et se couchent dans la mer.

Ma pensée a fait « tilt. »

La nature m’a épousé et je vomis des villes.

En permanence, j’avale et je recrache une nourriture céleste, attirant le bruit et le chassant.

Les fées dansent et c’est charmant !

Des voiles de nuptialités se refont une santé dans la lumière des forêts païennes, car les églises sont mortes après aveu d’une décision individuelle.

Un acte de droit qui côtoie les astres…

Si le droit est magie, alors tout est magie et la baguette du magicien fait « gling » !

 

A l’horizon, je vois des avalanches.

Des étoiles éclatent et rejoignent les falaises avec lesquelles elles se confondent.

Les hommes marchent et entrent dans un puit de soleil.

Alors, tombant en milles miettes et dans d’infinis épanchements, des arbres bourgeonnent, fleurissent et émergent.

Ah ! avril-mai, dorures de soies habillées à la couleur des blés.

Enfants pleins de prunelles et de yeux.

Mères joyeuses !

 

ACCEPTATION ET DENOUEMENT

 

Que s’arrachent les corps et les pensées en des martèlements répétés.

Que s’érigent les cimetières sur les vastes plaines d’Ukraine.

Que le froid éteigne la vie.

Que le chaud ravive.

Que la musique me berce et me flagelle doucement, comme le bébé qui crie.

Que les enfoirés se taisent.

Je mugirai et je gronderai dans les vallées qui pleureront les baves de cents volcans énervés.

Les dragons feuleront et la fumée s’évacuent déjà par leurs naseaux.

Des marches avancent encore dans toutes les atroces démocraties.

 

Et puis derrière tout ça, derrière ce décor d’hommes gisant à terre, une espérance musicale et un poème joyeux à la Prévert :

 

Du lac où les enfants se sont couchés, il est sorti une montagne de rires, de fleurs, de chansons et de couleurs, ainsi que des danses de tous les idiomes qui s’offrent un fraternel baiser.

Tambours et claquements ont officiés.

Les vergers en avant ont des contours de fruits en marbres et une odeur de légumes fumants  cueillis par les vanneuses du blé et du vent.

 

 

 

par mikelot
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Mardi 15 juillet 2008

Réveil matinal.

Feux des bois.

Ossatures vierges.

Courbes arrêtées, majestueuses contorsions et ivresses de la nuit.

Fluide courant, courants des mers qui emportent des mésanges tranquilles et grouillent dans un mouvement torride de tourbillon marin, comme un flamenco de robes noires.

Douceurs du printemps, danses dans les villages et vols de sorcières en haillons.

Apreté, énervement et roses calmant les émotions et les gestes froids.

Les flèches du jour dans le crachin des rives à l’intérieur d’un brouillard très compact.

 

Chant d’une hirondelle qui passera la première.

Chant d’un cormoran que l’on voit dans son vol qui effleure les côtes.

Cri de celui-ci, maîtrise de l’espace et agilité qu’on voit dans ses yeux perçants.

Azur reposant ou cri d’amour.

Baisers stricts, accouplement des oiseaux volages, ardeurs de deux militaires pleurant leur chez eux.

Pleurs bienheureux, trouvailles de génie, espaces s’embrassant, petits cœurs marchant dans l’herbe sereine.

Danses tournantes aux nuages.

Hirondelles déroulant une plage immense en étirant leur baiser qui est le baiser unique, jalousé des colombes et des hommes.

 

Danses impétueuses.

Feux violets.

Mouvements saccadés comme des arcades et des croisées d’ogives.

Pointes ivres, secousses de lits, matelas dessinant des courbes, explosions simultanées et orages superbes.

Foudre gigotant dans son ciel et clignotant aux yeux du rêve d’un enfant.

Valses effrénées et tournant dans les roches, côtoyant les falaises et jouant avec les abîmes.

 

S’enrouler l’un sur l’autre comme deux colimaçons dans une molle torpeur.

S’effleurer comme des aiguilles qui se frottent, se chatouillent et percent des ballons de baudruche.

Se battre comme des chiffonniers qui tâchent leurs habits d’encre d’encriers.

Danser frénétiquement et sans dessein particulier, à la fraîche.

Voir s’exhiber les hérons à l’embouchure d’un long et large fleuve.

Des scouts crient dans la forêt et, plus loin, des enfants à la peau blanche et satinée dorment dans l’anti-guerre et l’anti-bruit.

 

Pas la campagne !

La trace des anges dans le ciel.

Pas les arbres !

Le feu tournant des broussailles et des danseurs.

Pas les danses !

Les fées électriques qui gazouillent dans le chant des oiseaux.

Pas mes traces sur le petit coteau où s’érige le fouillis divin des jolies fougères !

La douceur des saisons que j’enlace dans les filets bleus du trampoline où l’enfant saute, ivre de rires et de sourires.

Pas l’oiseau, non pas l’oiseau !

Juste le petit baiser que je porte à ton cœur excité.

Détour par le Mexique.

Les coups de pistolets fusent et les « caramba » sont jetés en l’air dans les cris et les accords de guitares aux voix inextinguibles.

Le soleil chante et les sombreros courent pour le rejoindre.

Agaves d’enfer, cactus mélodieux.

Chant des fleurs et du soleil a l’unisson dans le ciel bleu !

« caramba » et toutes ces chaleurs qui nous reviennent et nous atteignent en plein cœur.

Mouches virevoltantes, moustiques zigzagueurs et grains de beauté sur le visage des femmes à la peau tannée et en sueur dans la ruelle à coté d’un saloon du vieux Mexique !

 

Détour par le souvenir de la campagne.

Il y avait toujours une jolie pendule sur le mur de la cuisine.

Nous avions tous un arbre sous lequel nous allions, un banc où il faisait bon discuter dans les jours gris de l’ennui ou bleus de nos chaudes ardeurs.

La pensée était l’ennemi à abattre, la sauvagerie l’étoile à suivre à tout prix.

Les étoiles tournaient en torrides volutes et il n’existait personne d’autre que nous-même pieds et poings liés à notre bêtise et à nos fugitifs bonheurs !

O ces terribles lueurs passagères qu’on tenait dans nos mains et qui étaient l’oubli de la jeunesse.

 

Ne jamais se lasser de notre métier.

Etreindre les répétitions corps et âmes.

Faire revivre en les ouvrant les étoiles-yeux silencieux ou peindre le triomphe de la mort.

Etreindre un amour âgé de mille ans.

A un beau chat ne succède t-il pas un autre chat aussi beau que le premier ?

Variations hallucinées aux couleurs encore vives.

Répéter les illusions pour sombrer, enfarinés de rêves, dans les inconnus.

Et voir encore cette vagues qui, dessinant ses superbes flots et sa belle écume, vient caresser le rivage toujours frais de nos pensées.

 

Je vais bâtir un empire sur tes côtes.

Dresser une cathédrale sur tes reins.

Pleurer sur les étoiles, me faire tout petit et m’asseoir dans tes courbes.

M’amuser et jouer sur la statue de mer de ton énorme corps dans laquelle j’aime à patauger.

Soupirer dans les blessures et les cris qui m’enivrent comme des feux que le vent fait grandir.

Et faire naître les rivages toujours neufs de ta chair.

Et m’évanouir en fondant en larmes.

Et pleurer sans honte sur tes épaules.

Et me redresser, ébahi, en écoutant tes rires.

Et surmonter les angoisses en faisant gonfler mon ventre et en respirant très fort !

 

Essaim noir d’abeilles dans les rochers et la pierre.

Désolation du python accroché à l’arbre.

Sereines blancheurs au matin mât et qui descendent en lambeaux dans un casque effarouché de jeune soldat.

Rêve de nuit, tortures disparues.

Ce sont des bleuets que je vois là dans la campagne, les bleuets du jour.

Enragé des torpeurs, diable lointain, où vont tes grimaces ?

« Au jour » répondit le bourreau.

« A l’anti-liberté, donc. »

Cercles de feux devenant fleurs.

« C’est plus beau comme ça, ange. »

Et les autres dès lors dormaient dans le venin et l’ardeur.

 

Lointain comme à l’eau prise, désertant dans les faux-fuyants et dans les esthétiques intérieures qui se libèrent loin des cœurs, un fluide vole jusqu’à la houle qui pique.

Les roseaux s’immolent et l’étang cri dans les fées qui germent sur les côtes.

« Océan seul, puis-je te voir ? te caresser ? j’aspire à ta blanche clarté. »

Des harmonies divines tombent sur les niaiseries et les souvenirs décrépis.

Le futur semble en marche.

« Rive, viens me traverser, berce moi de souvenirs. »

Comme un lait maternel, la rive fit couler son eau à ma bouche.

 

Oh là ! pas de courage chez ces gens sans deniers.

La rassurante églogue est dans le noir et elle y brille puisque ma couleur secrète y remonte.

J’affaisse le monde.

De dessous les rochers sortent les insectes.

« Je suis votre servant »

Et je levais ma tête où je vis d’autres insectes dans le ciel.

La nuit était claire en effet.

Nos organes gisaient là-haut qui se faisaient ruches et fourmilières.

Les insectes devinrent yeux d’enfants, et les étoiles aussi.

Et quand nous rigolions tous ensemble, les insectes attaquaient les hommes.

 

Creux des rêves, enfonçures des mots les plus vivifiants.

La poésie revêt ce soir des corps de femmes qui veulent caresser des joues d’enfants.

« Se servir d’eux plutôt, voulez-vous dire », me dit une voix.

En effet, les galets bleus volaient jusqu’au sable jaune.

Le pointillisme naissait dans ce sable et il était question d’une « après-midi à la Grande Jatte » et d’enfants trempant leurs pieds dans l’eau.

Enfants sages et bien vivants la nuit, diables agités le jour.

 

Et là, la confiance renaît.

Là, maintenant, en ce moment.

Des rives abandonnées sont assiégées par d’autres rives plein d’entrain.

Des arbres esseulés sont rejoints par des fougères égayées de vins de nuit bus derrière les buissons.

Ma marche s’entiche d’une mer enivrée et festive, heureuse de mille feux.

Le ciel fait claquer ses cymbales.

La roche inaugure son concert, revêtu d’un chapeau noir de magicien.

Cavalcade des oiseaux qui paient leur entrée pour aller voir le cirque maritime qui s’annonce.

Cavalcade les lapins qui s’assoient dans l’herbe pour écouter le chant dans la forêt sombre.

 

Des bras m’atteignaient et me prenaient avec eux pour m’envoyer aux ardeurs d’un soir beau comme les astres.

Les sirènes de la nuit ?

Elles m’attendaient dans leur caverne où les bijoux brillaient, où le raisin et le vin coulaient.

Tous les enfants d’Afrique étaient déjà là.

Inutile de dire que je me sentais de trop.

Pourtant, on m’invita à bras ouverts.

Tout communiait.

Les langages se faisaient à la fois contes et mythologies.

Les enfants ne revêtaient-ils pas les sirènes en les parant de colliers chatoyants ?

Les sirènes ne nourrissaient-elles pas les petits noirs à la peau fraîche et au ventre bien nourri, dans ce pays ?

Et ce fut la vieille sorcière de la tribu qui me fit prendre place dans cette nouvelle famille où l’on célébrait la mer des sirènes, la corne de l’Afrique et ma mythologie d’une Europe nouvelle et complètement astrale.

Mythologie, contes avec les fées et les sirènes, famille d’Afrique, peut-on rêver une caverne plus solaire ?

Alors que Zeus et Apollon rugissaient en chants aux hauteurs étoilées, la sorcière créait son décor : une fumée envahissait l’endroit et des tribus dansaient rythmant la musique des dieux de la vieille Europe.

Un déluge de couleurs d’habits splendides  et des robes portées par des femmes d’anciens harems roulaient dans la fumée, tandis que les sirènes étaient en manque de marins et désireuses de jouer des airs gais aux cordes de la harpe qui refermait la caverne.

Et derrière celle-ci, les fonds marins étaient paisibles, comme pour cacher l’ardeur secrète de la grotte aux merveilles.

Et un peu plus haut, la mer plate bordant la corne de l’Afrique avec les flots hurlant sûrement l’histoire humaine de ce continent.

Et un peu plus loin, la ville, le monde, le bruit puis plus rien.

 

La nuit sauvage et ses arbalètes qui pleuvent dans les faisceaux du volcan.

« Pourquoi as-tu écris ça ? » me demande une voix que je m’imagine et qui se plie à mes ordres.

« C’est obligatoire. Il y a des vendanges pour l’avenir comme des phrases pour chaque été. »

Je te vois parfois, Amour, dans le drap noir des nuits.

« Sérénité », me dis-tu.

« Pour nous, insouciances, rêveries, causeries de l’âme, danseuses enchanteresses, ânes rigolos, eaux rieuses, vergers fous et adorant les fruits si bons et si sucrés qu’ils ne mangent pourtant pas mais qu’ils nous donnent en tout cas à nous qui les recueillons dans notre bouche où on voit une autre nuit. »

 

Aux fleurs bleues qui s’annoncent, il est parfois des âmes seules et veuves qui soupirent dans la nuit.

Elles ne se rappellent de rien.

Derrière elles, l’immense mer. Devant elles, l’immense mer.

Au dessus d’elles, les cieux nocturnes aux étoiles dorées.

Il nous faut ramener de là-bas des voiles blanches et des drapeaux sereins.

Si la mer ajoute ses faits et gestes à l’astre, un accouplement folâtre en résultera.

Des gaietés peuplées de langueurs –

 

Mais je commence à vous sentir, grossièretés que j’aimerai éternelles, écrasements que je voudrai plus impérieux.

 

Je sens que ma torche vibre toujours dans le feu d’un inconnu plus destructeur et d’un futur plus paisible (accouplement folâtre vous disais-je !).

 

par mikelot
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Lundi 14 juillet 2008



La venue des autres est aussi évidente qu’un grand écart ils pénètreront dans les landes infestés de pins et de bruyères le cri sera chaud et la peau tout en sueur les hommes s’effondreront sur le bord des pauvres marécages la lune brillera néanmoins le chant s’élèvera impartial comme un joyau qui brille comme une ouverture qui s’écarte toujours un peu plus et offre ses baisers de lèvres et de fleurs les champs seront verts comme les nuages au ciel tout marquera la joie et les vitres béantes aspirant l’air parole sera donné à l’acte les brises odoreront ciels pélicans et arbres comme de funestes rêves s’ébranleront les coques marines les femmes nous prendront dans leurs bras délicats et les enfants joueront à l’infini puis aimeront se reposer dans la lumière qu’un animal chevauchera la flotte des bateaux s’éparpillera dans l’eau trouble des cheveux de la reine qui prendra les herbes pour ramasser les lunes nous découvrirons aussi des tempêtes heureuses que les armoires en fleurs inviteront que les carafes pleines de soleils abreuveront que les oiseaux de cuivres recouvriront de leurs plumes qui seront des murs gris inventés par la raison qui ment et étreint dans les tunnels nous conserverons les cadrans qui courent et allaitent nous empliront de cerises noires les cuves d’où les raisins débordent nous marcherons dans les talus qui voudront jouir et prendre la beauté avec des mains de lingères nous oublierons aussi les larmes et le feu qui avaient jaillis dans les greniers tenant des neiges et de la pluie blonde et rousse nous tricoterons de l’écume et peindrons de la farine que nous répandrons sur la mer et dans les voiles épais nous marcherons pour ne pas nous perdre et dans les immenses forêts de rêves et de démesures nous pêcherons les âmes drôles et les enfances tristes les âges des déserts et les chiffres de mots inconnus nous étayerons les formules qui pendront aux lagunes et nous comptabiliserons les rêves descendus du ciel et qui tombent et qui se déversent dans les rideaux couvrant les îles et les montagnes l’annonce qui jouera dans les ténèbres verra que ce ciel est biscornu et que cette mer est menteuse les étoiles tomberont sur tout ceci en mangeant un déjeuner que les mains d’une gigantesque sculpture étreindront la foire s’éteindra dans les ombres que le mouvement inversé aura trouvé les relents des amoncellements et les fièvres des guides des guildes auront bécoté dans les buissons ardents pendant que les rivières majestueuses mangent et mangent encore et nous bruirons dans la fécondation des fleuves et des minéraux écarlates et nous mangerons dans les savanes et nous verdirons et nous rougirons et nous parlerons tendrement de nos beaux jours pour communiquer à ces ardentes patiences la chaleurs des souvenirs ou le soleil levant de l’avenir toute cette cathédrale illustre se lèvera alors que des taureaux courront à l’horizon nous nous ferons patriarches mécréants princes serfs chevaliers nobles bourgeois mendiants socialistes communistes anarchistes révolutionnaires sans appels d’armes sauf si elles venaient à être blondes comme la lumière nous ruinerons tous les trésors pour en faire naître de nouveaux et nous brandirons nos algues de lumières sur les citadelles englouties vers le nord qui se joindra au sud vers le pauvre qui se joindra au riche vers le con qui se joindra au bon vers les unions des unions d’amour comme un trèfle ravageur qui dit mille fois son nom   
par mikelot
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Lundi 14 juillet 2008


La musique doit être conçue comme une ouverture vers l'exterieur, elle doit donner envie de s'aérer les poumons et d'aller faire un tour en bateau ou d'aller se baigner dans l'eau chaude d'un lagon, seule la musique vue de cette manière vaut le coup

Désormais, quand j'écoute une musique, je veux avoir envie d'aller me mêler à une foule ou à une fête
par mikelot
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Lundi 14 juillet 2008

Mille ans que nous échouons sur ces rives aux girandoles turbulentes et, assombris par la longue existence, que nous tentons d’éclairer les soleils astreux de notre imaginaire.

Plus d’arrêts.

Car les vieux escabeaux ne sont plus dans les greniers.

Nous les mettons en effet aux pieds des terres et aux plafonds du ciel pour que le peintre en bâtiment vernisse les monuments d’en haut.

Nous allons avec ceux-ci chercher les fourrures aux poils lumineux d’herbes rougies par le couchant.
Là-bas nous extasier ensemble et reboire !

Là-bas traîner nos pieds sans faire de gestes brusques, dans le lait et le plâtre.

Mais demandons alors que l’on déverse ce sable chaud qui moulera nos pas.

Il tombera autour des eaux sur le grand calme bleu des mer muettes aux villes et silencieuses aux bruits.

Et par-dessus ces concepteurs, ces architectes et leurs ouvriers rêveurs, nous irons à l’autre aube et aux autres soleils.

Sauter ! sauter !

Et trouver une vie différente de la sienne et qui est pourtant la nôtre.

Et plonger devant soi dans une voix à laquelle on se plie.

Et partir avec ceux qu’il faut suivre.

On nous a appelé avec des voix inaudibles et brouillonnes, parfois douces et très souvent brutales.

Et nous allons, poussés par elles et enfin rassemblés.

Et mille ans que nous coulons dans les flots époustouflants.

Et que nous voyons les poissons invisibles, et que nous leur donnons leurs couleurs.

Et que nous courons tous là-haut dans les nuits d’étoiles sur lesquelles s’agitent nos peuples qui n’étaient que frères tenant leurs sœurs, pères et mères protégeant nos enfants.

Et il nous faut désormais crier et chanter l’invisible, croiser des âmes d’anges, les chercher et les étreindre chaque jour, sur un charme resplendissant !

Leur courir après avec des ailes dont nous nous sommes recouverts et regarder, ébahis, l’envergure des aigles au-dessus.

Pas d’arrêts  quand l’infini s’est fait des ailes blanches de moutons qui roulent leur laine dans les nuages.

Les flammes qui ne nous donnent plus les ardeurs (quoique) et les couleurs nous emportent à présent dans un cosmos calme et chaud d’univers vrai.

L’oubli ! l’oubli !

Ou la non-connaissance des âmes inquiètes se retournant vers le point d’un noir essaim d’oiseaux qui, par centaines, se mordent, se lèchent et s’embrassent, avançant dans cet ordre nouveau et chaud.

Une chaleur de spasmes calmes et de sueurs revigorées, comme la brume chaude des jungles.

 

Nos révolutions s’assouvissent devant les peuples inexistants de l’occident.

Nous avons courbé un monde toujours raide sous lequel désormais nous ployons.

La révolution doit sans doute se faire contemplative, vieux que nous sommes !

Le bonheur affreux, déjà !

La bourgeoisie à la fois si proche et si lointaine.

Et l’injustice des éclats des lampes, même si ce ne sont que des mots.

Et les drogues avec la justesse du ton dans un accouplement folâtre.

Et les ambiances chaudes avec notre froideur qui atteint le soleil de midi réverbéré.

 

L’échec de la vie se lit dans la réussite des écritures solitaires et veuves comme dans la défaite quotidienne des travailleurs.

Et les anti-tristesses momentanées :

Aveux purs des orages et des chants que nous chanterons tous, toujours, pour nos morts sous leur terre.

Des idiomes aux clartés nouvelles chantent aux oreilles des pays dans nos soies orientales, nos tuniques turques et nos robes hautes de bananières.

La bourgeoisie s’est tuée ce qui fait que nous remontons aux orgies saines et blanches de mots et de notes cousues dans du diamant.

 

Les brûlures lointaines tiédissent dans les fleuves de passeurs toujours là comme datés du jour unique.

Retrouvés, les hommes et l’histoire !

Mais sur les blanches colonnes de notre traîtrise.

Retrouvés les hommes !

Mais dans des nœuds marins et des coquillages d’où vous voudrez.

Seule une soif d’or et une paix jamais imaginées vont dans nos livres de neige.

Tous les mots, tous !

Et que nous faisons aller en l’honneur de la musique à jamais fêtée.

 

Voués à chercher l’équilibre de la phrase flanquée de rayons de soleils jaunes ou pourpres baignant les falaises.

S’y cognent les écumes légères aspirant au ciel et aux nuits.

S’y précipitent les anciens brigands et les voleurs, les bruits de nos moteurs assoiffés des cris des villes.

L’oiseau-lyre nous reconnaît dans l’arbre des lumières.

S’y mêlent les nuages et les orages, les feuilles et les houppes de la forêt.

S’y mêlent aussi les pies jacassières et les jacées des chemins.

S’en aillent à tout allure les cadeaux des enfants qu’ouvriront les sorciers d’Inde et d’Afrique.

Un nouvelle ère, un nouveau temps, de nouveaux temples.

O la fée qui dégringole sur les branches des sapins et, à ses cotés, le nuage qui passe pour lui glisser un tendre bonjour.

O les palmeraies qui éclosent pour border en ses jolis contours la plaine verte couverte de saules et d’amandiers.

Les feux des bois roulent dans les feuilles car, à cette heure du soir, les champs sont incandescents.

Reposent l’oiseau et ses ailes sur le vaporeux des nuages dans le lierre et les glaces chaudes et fondantes.

Repose la verte tendresse de nos villages sur l’éblouissant amour que se font les bergers et les bergères.

 

Dans l’église de la forêt, il y a des bonnes sœurs au visage effacé.

Voulez-vous danser ? leur demandais-je.

Aussitôt, elles relevèrent leur robe et me firent un charleston mouvant aux splendides lueurs rapides et passagères.

Et elles m’emportèrent à la lumière des églises où l’orgue chantait un charleston aux puissantes sonorités et on se tapa les mains en miroir comme l’exigeait ce type de danse.